1500x600_Mother-and-daughter.png

Si votre fille entre bientôt dans la puberté, il est probable qu’elle éprouve une certaine anxiété à l’approche de ses premières règles. Trouver des façons d’en parler de manière ouverte et assurée fera toute la différence sur la manière dont elle vit ses règles. Mais comment aborder un tel sujet et balayer toute gêne liée aux premières règles d’une jeune fille ?

Les premières règles de votre fille ne devraient pas être une source d’inquiétude, mais, très souvent, ça l’est. Si les premiers signes de menstruation font l’objet de rires et de moqueries dans la cour de récré, une jeune fille peut se sentir anxieuse et isolée en pensant à ce qui l’attend. Les mythes, la honte et l’embarras signifient souvent qu’on ne parle pas des règles à la maison, et votre fille risque de s’angoisser pour quelque chose qui est pourtant complètement naturel. Il est clair qu’on doit faire particulièrement attention à la manière dont on parle des règles à nos filles.

Une étude pour la marque Libresse (l'équivalent de la marque Nana dans plusieurs pays européens) indique que presque la moitié des femmes et des filles au Royaume-Uni ont du mal à parler de leurs règles avec leurs amies et leur famille – mères et sœurs inclues. Il y a une notion de tabou concernant les règles, comme si c’était quelque chose dont il fallait avoir honte. Et ceci se poursuit jusqu’à l’âge adulte, ce qui signifie que même si un quart des femmes en âge de procréer a ses règles, et qu’une femme passe environ un huitième de sa vie à avoir ses règles, cela reste un sujet délicat.

« Les règles sont un processus naturel, mais nous vivons dans une société où nous cachons nos serviettes hygiéniques dans nos manches de pull, où les images de taches de sang sont éliminées des réseaux sociaux et où les sportives professionnelles sont réticentes à parler de l’impact de leurs règles sur leurs performances », affirme la directrice marketing de SCA Hygiene Products au Royaume Uni, Nicola Coronado.

En parler

Il est nécessaire de commencer à parler des règles à nos filles vers l’âge de sept ans. Bien que l’âge moyen des premières règles se situe vers 12 ans, la puberté peut commencer dès huit ans, et parfois même plus tôt. Il ne fait aucun doute que les conversations et rumeurs commenceront à l’école bien avant que votre fille ne porte sa première serviette hygiénique. Alors parler des règles de manière naturelle dès le plus jeune âge est important afin qu’elle se sente préparée.

Nous avons demandé à plusieurs jeunes filles quels étaient leurs sentiments sur la question, et voici ce qu’elles ont dit : « Parlez-nous des règles comme si vous nous parliez des soins pour la peau – afin qu’on comprenne ce qui se passe physiquement, et ce qu’on doit faire » dit Toni, qui a été informée sur les règles par sa cousine. « Je veux savoir ce qui se passe, mais je ne veux pas non plus avoir cette conversation », nous dit Karli, enfant unique. « Ça me gênerait trop, alors une lettre ou un texto serait peut-être la meilleure manière de me parler des règles. » « Ma mère ne m’a jamais parlé des règles ; quand j’ai eu mes premières règles, j’en avais partout sur mes vêtements. Je trouve ça idiot. Si je n’avais pas eu mes copines, j’aurais été bien embêtée. Donc oui, c’est un sujet gênant, mais on veut quand même être informées. De la même façon qu’on doit apprendre nos maths », ajoute Sam.

Aborder le sujet

Parler des règles peut être intimidant pour les parents, bien sûr, qui peuvent se sentir gênés et mal à l’aise. C’est quelque chose qu’il est possible de surmonter, surtout si on le fait progressivement. Ayez une série de conversations, pas une grande conversation, afin de ne pas mettre la pression.

Présentez le sujet brièvement pour commencer, pour qu’elle sache que vous aurez une discussion à ce sujet. Saisissez les moments propices à l’enseignement qui vous donneront l’occasion d’en parler. Les publicités pour les protections hygiéniques, les émissions de télévision qui parlent du sujet, les stars et célébrités qui parlent de questions liées aux règles, les campagnes sur les réseaux sociaux – tous peuvent être une occasion d’amorcer la discussion.

Demandez d’abord à votre fille ce qu’elle sait sur les règles, afin qu’elle ne lève pas les yeux au ciel quand vous commencez à lui parler de quelque chose qu’elle sait déjà. Essayez de lui parler de vos propres expériences par rapport aux règles, quand vous étiez ado et après, de façon à ce qu’elle puisse aborder le sujet de manière plus personnelle. Assurez-vous que l’histoire reste positive ou se termine de manière positive, afin qu’elle ne s’inquiète pas de connaître la même situation. Ou parlez de ce qui est arrivé à une amie à l’école ou d’une célébrité de sexe féminin qui parle des règles dans une interview.

Quand elle est prête à les poser, soyez prête à répondre honnêtement à ses questions, par exemple : « Combien de sang vais-je perdre ? » et « Et si ça fuit et qu’il y a du sang sur mes vêtements ? » ou encore « Est-ce que les autres pourront savoir que j’ai mes règles ? » Et utilisez toujours un langage clair comme « règles », « vagin » et « serviettes hygiéniques » (pas des euphémismes comme « ce moment du mois », « là plus bas » et « protection ») pour éviter la confusion.

Être ouverte avec votre fille sur le fonctionnement des règles et comment les gérer l’aidera à acquérir plus d’assurance par rapport aux règles. En parler, s’habituer aux serviettes hygiéniques et aux tampons et connaître les différents stades et symptômes aidera à démystifier le sujet dans son ensemble.

Plus important encore, évitez d’être négative par rapport aux règles afin que ce sujet ne l’effraie ni ne la dégoûte. Bannissez toute notion de « calamité » ou même de « visiteur du mois » qui peut sembler inquiétant. Maintenez un langage positif, pour que cela reste un processus naturel lié au fait de devenir femme, que toutes les femmes partagent.

La chasse aux mythes

Lorsque vous discutez des règles, il est important de dissiper les mythes qui les entourent, qui pourraient amener votre fille à penser que les règles sont quelque chose de honteux. Peut-être sait-elle que ce n’est pas vrai, mais cela n’aide pas d’entendre dire que le sang menstruel est « sale » ou que les femmes indisposées font cailler le lait rien qu’en étant dans la même pièce. La plupart de ces mythes viennent de semi-vérités, et votre fille suspecte sans doute qu’ils ne sont pas vrais, mais le fait de ne pas tout connaître peut néanmoins l’angoisser. 

Autres approches

Il n’y a aucune raison pour les pères seuls de penser qu’ils ne peuvent parler des règles avec leur fille, mais si elle a l’air gênée, essayez de vous faire aider par une tante proche d’elle, une cousine ou une autre membre de la famille, afin qu’elle soit entièrement préparée. Et assurez-vous de la réconforter quand elle souffre de troubles prémenstruels. Achetez à votre fille une sélection de produits hygiéniques et assurez-vous qu’elle sache où les trouver quand elle en a besoin.

Parfois, la discussion peut être délicate, car votre fille peut se sentir gênée de parler de quelque chose d’aussi personnel. Elle aura néanmoins des questions et des sentiments à partager, alors faites-lui savoir plus tard – par texto ou par lettre – que vous serez toujours disponible si elle veut en savoir plus.

Une lettre vous permet de lui dire tout ce que vous voulez lui dire sans craindre qu’elle ne se renferme. Et n’oubliez pas que les adolescents sont souvent plus à l’aise pour exprimer leurs sentiments par texto ou WhatsApp, alors ne craignez pas d’avoir cette conversation entièrement par messages interposés si cela lui convient mieux.

Un excellent moyen de communiquer sur les règles est d’utiliser les Fémojis – des émojis traitant spécifiquement des problématiques liées aux règles. La plupart des jeunes de 16 à 25 ans admettent trouver plus facile de s’exprimer par le biais d’émojis, un moyen simple et rapide de traiter des sujets et émotions qui peuvent être gênants pour chacune.

En savoir plus

Partager Tweet